- Notre temps s’arrête une année, nous partons à la poursuite de l’été.
- Notre espace est infini, la mer.
- Notre vie marque une pause, vers de nouvelles rencontres.
N°
22
Navigation
hauturière de 2495 miles du 23 mai au 24 juin
Comme
nous le savons tous Mowgli a sans doute parcouru plus de 3500 miles lors de
cette traversée.
Résumé
de cette étape :
- Durée: 32 jours de mer
sans voir la terre entre Southport (Caroline du Nord-USA) et Horta
(Faial-Açores).
- Météo : aléatoire avec
succession de dépressions (coup de vent tournant 20 nœuds, rafales 35-45 nœuds,
pluie, orage) et accalmies avec absence
totale de vent (mais pas de soleil!) par fréquence de 1 à 3 jours.
- Navigation: Vitesse de
Mowgli de 0 à 7 noeuds. Avec des réglages de voile variant à chaque allure
selon le mécanisme suivant: du près très serré en passant par le travers
jusqu'à vent arrière. Pour cela utilisation alternative du génois, de la
trinquette et du spi laissés en place sur le pont prêt à l'emploi.
- État des réserves à
l'arrivée à Horta: gasoil reste 175 litres, eau reste 100 litres, nourriture
reste 10 jours de pâtes déshydratées exclusivement.
- Avaries : pilote
automatique hors service, protection drisse et bague de roulement du génois
perdues, grande drisse de spi coupée nette, grande voile décousue aux coutures
horizontales, coulisseau de GV arraché en tête de mat, lumière compas de nuit
en panne, lampe de sécurité perdue, utilisation des batteries au minimum et
exclusivement pour l’ordinateur et les appareils de navigation, utilisation du gaz
limitée aux repas chauds.
- Équipiers: en manque de
sommeil, en perte de poids mais toujours confiants.
- Organisation en quarts de
6h chacun : repas seul et dormir des que possible, toutes les manœuvres de
pont sont toujours faites à 2, pas de pêche, 2 douches d’eau de mer dans le
mois.
- Habitacle: humidité
énorme avec pour conséquences des moisissures apparentes sur la sellerie, la boiserie,
la literie. Les serviettes, les vêtements sont mouillés en permanence.
Impossible d’aérer du fait de la pluie et des embruns.
Bref
nous y voilà ! LA navigation ! est bien loin de la croisière sabbatique et
idyllique des caraïbes !
Synthèse du Web-master :
- Mowgli est un excellent
voilier de haute mer capable d’affronter malgré quelques casses des rafales de 45 nœuds et sans doute plus.
- Que l’équipage à deux
seulement a eu la force physique et mentale d’atteindre leur objectif.
Félicitations
N°
21
18
Avril 2012 : arrivée à Miami, enfin !
Nous
avons quitté Key West au petit matin sur une mer d'huile, sans un souffle de
vent le 13 Avril.
Le plan d'eau est tel un lac, parsemé de bateaux de pêcheurs,
à peine animé par quelques dauphins pas très vifs...
Dans
la nuit tout change, le vent se lève, de face et la mer se forme.
Apres 24h de lutte, sans avancer, nous nous refugions derrière Islamorada
quasiment à la moitié de notre parcours vers Miami, allant jeter l'ancre dans
le lagon derrière le pont de Craig Key, passé en retenant son souffle par 25
noeuds de vent de travers, 2 m de fond et 19.8m de hauteur de pont (Mowgli
faisant 19m de tirant d'air) !
Nous
resterons là 3 jours, battus par les vents qui ne faiblissent pas mais bien
protégés de la houle.
Trois
longs jours à attendre une accalmie !
Enfin,
le vent sans faiblir, s'oriente Ouest alors nous tentons une sortie : réussie !
Nous
repassons le pont et arrivons à Miami 24h plus tard avec le soleil levant,
porté par ce formidable courant le Gulf Stream, véritable tapis roulant qui
nous emmène à 9 noeuds.
Etonnant
paysage lagunaire de maisons de pêcheurs sur pilotis, anciens tripots de contrebande,
sur fond de buildings.
Miami
est une étape importante de notre année : nous y attendons nos amis Nathalie et
Laurent pour quelques jours à bord.
C'est la fin du voyage pour Elisa et Jeanne
qui reprendront l'avion pour la France et c'est le point de départ de notre
traversée retour avec Mowgli.
C'est également le temps des réparations (pilote
automatique) et du reconditionnement du bateau pour la longue navigation vers
Hendaye.
D'ailleurs
le beau temps n'est pas au rendez-vous, comme un signe qui nous dit qu'il est
temps de rentrer avant la saison cyclonique...
Nous
ferons un peu de navigation avec Nathalie et Laurent, passant au pied des
buildings de Miami Dow town, puis sous le pont les reliant à Miami Beach, vers
Key Biscayne et ses maisons de milliardaires.
Nous
irons faire une plongée à Boca Chica "slalomant" dans les 2 à 4m de
fond de cet immense plateau marin, prolongement des Everglades et du continent.
Quelques
pas sous la pluie dans Miami Beach et son quartier Art Déco, cette interminable plage vide bordée d'immeubles et ses cabanes de Life guards désertées, une mer verte
démontée blanchie par l'écume sous un ciel gris : voilà un spectacle inhabituel
ici mais tellement vivifiant !
Nous
retournons à Key West, mais par la route cette fois-ci, passant sur ces ponts après
être passé dessous. Travail titanesque que cette route, la US1, reliant toutes
les Keys, de Miami jusqu'à Key West, d'abord voie ferrée puis autoroutière,
oeuvre initiée par le milliardaire Flagger, aidé de son ami Rockfeller, pour
faciliter l'accès à ce merveilleux archipel.
Nous
retrouvons Duval Sreet et son animation musicale, Hemingay
et sa maison coloniale.
Nous voyons passer une "course de lits" poussés
par de grands enfants déguisés et excités, et toujours des Harley, des
Mustangs, des Chevrolets, des gros van rutilants, du coca glacé et des chips
"free-fat, free-sugar, free-salt" ( free-pomme de terre??!! ).
Escapade
typiquement américaine avec kilomètres avalés au régulateur
de vitesse au volant d'un gros van Dodge, soirée à Key West avec
méga-hamburgers servis sur une planche de surf nos paroles couvertes par des haut-parleurs
rock and roll, nuit dans un motel coincé entre la US1, ses fils haute tension
et la mer où quelques bateaux adorent un "hotel du sunshine" couvert
d'offrandes coquillages" à Marathon ( "welcome to the Hotel
California...") et pour finir arrêt "emplettes" dans un moll sur
Homestead !! Il ne manque que les Harley, les bandanas et les moustiques plein
les dents !!
Mais
déjà l'heure du départ a sonné... et le 1er Mai 2012.
Nathalie, Laurent, Elisa
et Jeanne montent dans l'avion pour faire en quelques neufs heures ce que nous
ferons avec Philippe en presque un mois...
En
France la campagne électorale bat son plein, en Floride le soleil est revenu et
nous attendons toujours notre pilote automatique...
Nous
remercions très affectueusement Nathalie et Laurent qui avec fidélité et bonne
humeur ont supporté toutes les infortunes de leurs amis marins, matériel, météo
et modification de dernière minute de leur destination de vacances.
N° 20
Le 10 Avril 2012 :
Nous nous installons à Bight marina de Key West à la recherche de techniciens pour Mowgli. Rudy, américain vivant sur son bateau, éternellement sur le départ, nous accueille et nous confie à un mécano qui identifie le problème du moteur : gasoil salé, chargé de particules bouchant les durites !!!
Philippe se transforme et devient Monsieur bricolage !!!! Il change filtres, durites, pendant que le mécano nettoie les cuves, filtre le gasoil et ...ça marche!! Hélas, il nous faudra attendre Miami pour le pilote automatique....
Nathalie et Elisa retrouve avec plaisir Duval Street, Philippe et Jeanne
découvrent l'Amérique.
Key West, bien que terriblement touristique, nous envoute par sa gaité,
ses bars musicaux, ses américains sans complexe, ses Harley bruyantes,
ses Elvis et Maryline, ses lemon pie et ses hamburgers géants arrosés de coca glacé.
A 90 miles au sud de là, le contraste est saisissant ! Seuls Hemingway et les cigares sont toujours là....
Mais Key West c'est aussi, ces magnifiques jardins tropicaux où se cachent de belles maisons en bois coloniales, et c'est surtout le Sunset Show.
Tout le monde converge à la tombée du jour sur une promenade en bord de mer, encombrée de saltimbanques, d'amuseurs, et de touristes, tous réunis pour le spectacle quotidien du Sunset, coucher de soleil ni toujours le même ni toujours un autre.
Métissage populaire pour un spectacle universel ! Magique ! On ne s'en
lasse pas !
Nous renouons enfin avec la technologie utile et accessoire : météo,
téléphone, internet, électricité, douches puissantes, machines à laver....
4 jours pour récupérer, réparer, laver, profiter et demain départ pour
Miami !
N° 19
8 Mars 2012 :
Départ de San Juan Porto Rico pour Cuba, arrivée à Santiago de Cuba le 14 Mars après 6 jours de navigation pénible: 39 Noeuds de vent dans le « Windward passage ».
Entre Haïti et Cuba, déferlantes dépassant le pont...Le pilote automatique, déjà affaibli, nous lâche définitivement dès les premiers jours de cette longue traversée. Cependant la vie à bord s'organise, entre quart et quart pour Philippe, cuisine et école pour Nathalie, école et siestes pour Elisa et Jeanne. Pas de pêche pour rompre la monotonie...juste notre film du soir malgré le bruit...
A Santiago de Cuba nous sommes amarrés à un ponton en rénovation sans eau ni électricité, à couple avec un bateau français "Fanfan" tellement sympathique.
Nous découvrons Santiago avec Françoise et Marc de Fanfan et Yuri un jeune cubain qui nous guide dans cette ancienne capitale, d'où est parti le feu de la révolution.
A la marina l'ambiance est familiale : Jean-Claude qui nous donne notre premier pesos pour prendre le bus et sa femme bataillent avec les autorités douanières rigides. Loïc, Marie et leur petite Mina de 4 mois sur "Le Poulpe", providentiel dépanneur de guindeau et d’informatique nous enthousiasment.
Nous passerons 1 mois à Cuba, hors du temps qui court, sans montre, sans internet, sans téléphone, quasi-clandestins, contournant la plus grande des îles caraïbes par le Sud de Santiago à La Havane.
Des kilomètres de plages, des criques désertes débordant de poissons et de langoustes, une musique envoutante omniprésente, un peuple gai et hospitalier, une architecture mi-coloniale mi-espagnole, plus de "belles américaines" au km2 que nulle part ailleurs, une merveille de cigare et la vénération du Commandante Che Guevara nous plongent dans une ambiance typiquement cubaine.
Entrée dans le pays à Santiago, au pied Del Castillo Del Morro, forteresse construite par les espagnols en 1638. Premier Mojito, premières Chevrolets, premier "bœuf musical" de deux vieux dans une arrière boutique sous le poster du "Che" grandeur nature : c'est sûr on est arrivé !
Première prise de conscience politique à Cienfuegos par un "Bienvenido Cuba Socialista" à l'entrée d'une immense baie, profonde et abritée. Capitale provinciale, Cienfuegos est très vivante avec son paseo coupant la ville en deux.
Nous y rencontrons Daniel et sa famille cubaine pour des heures de discussion, autour d'une table simple à expliquer, la société, la famille, l'éducation, le travail, l'économie, l'embargo... Le discours est contrôlé, le bilan mitigé...
Laissant Mowgli pour la première fois, nous partons deux jours à La Havane, en taxi. La route est longue, rurale, bordée de champs de canne à sucre où l'on croise encore des chars à boeufs et où on voit les gens se déplacer à cheval.
La capitale cubaine arrive enfin, ville "aux milles colonnes", régal d'architecture coloniale. Nous logeons chez l'habitant (casa particulare dans Habane Vieja). La maison a dû avoir de la tenue, l'intérieur en a encore, nos hôtes en ont toujours. Petit salon avec balcon sur rue, rocking chair de bois, peintures murales et deux chambres rococo particulièrement soignées. Habana Vieja a été entièrement inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco. Il semble que cette ville soit restée figée dans le passé. Tout est là pour rappeler les affolantes fifties: "belles américaines" savamment rafistolées, casinos recyclés, cabarets kitsch, palais lézardés et ouverts à tous vents. Le décor est là, comme en 1959, mais les cubains ont chassé les Yankees.
Couple de vieux musiciens dans la rue, guitariste isolé sur un banc, chanteur à cappella dans un jardin, danseurs de salsa au fond d'un vieux cabaret, vieille femme ridée fumant le havane assise sur un trottoir, vendeurs ambulants criant leurs délicieuses sucreries, montreur de chiens déguisés, interminable file d'attente avec son ticket de rationnement pour la farine ou le téléphone...scenario bien rodé mais la vie est là, bruyante, gaie, décadente.
A Cayo Guano, ilot désert, nous mouillons devant le phare. Nous invitons les deux gardiens du phare à bord pour fêter les 10 ans de Jeanne. Ils viennent chargés de coquillages, langoustes et lambis nous raconter leur vie ici en binôme isolé par tranche de 30 jours. Un moment rare de partage dans un désert marin préservé.
Nous partons plonger par deux, Jeanne trouvant des carapaces de tortues et Elisa refusant de caresser les requins dormeurs.
Plus loin, Cayo Largo est un éden tropical : des km de sable fin comme du talc, une mer chaude et limpide aux eaux turquoises, des raies paresseuses dans 30 cm d'eau cristalline et un couple de dauphins, Luna et Ben, aux baisers envoutants. Probablement une des iles de Cuba les plus touristiques, mais "cocktail carte postale" très réussi !
La petite marina "internationale" garde tout son charme, nous y faisons notre sortie de Cuba, direction la Floride.
Mais après 3 jours de navigation, à 30 miles des côtes, une panne de moteur nous ramène à La Havane.
Entrée à haut risque, au crépuscule, à la voile, jusqu'au ponton des douanes, par un chenal long de 500 mètres, étroit de 2m de bord à bord et bordé de hauts fonds ! Instants (a-)tendus ! Escale technique contraignante mais pourtant riche en rencontre.
Entrée à haut risque, au crépuscule, à la voile, jusqu'au ponton des douanes, par un chenal long de 500 mètres, étroit de 2m de bord à bord et bordé de hauts fonds ! Instants (a-)tendus ! Escale technique contraignante mais pourtant riche en rencontre.
Bateaux belge et franco-cubain avec des jeunes embarqués, Valérie, Guy, Jean-François, Solène, Jeff, Caudia et Angelo partagent avec nous scolarité, baignades, et pizzas musicales locales.
Mowgli se transforme en bateau "école" pour une après-midi studieuse avec récréation dans les toboggans aquatiques d'une base nautique désuète, puis réunion de filles "fashion week" avant un diner local sur les trottoirs animés d'un quartier en fête.
Un homme et une femme, petits, gros, sans élégance, en short et tongs parlent fort, apostrophant d'autres de l'autre coté de la chaussée.
La foule envahit la rue, petits et grands parlent, rient, crient, courent, dansent, boivent et mangent. La musique est forte, rythmée et baigne tout l'espace.
Soudain, une salsa endiablée et l'homme saisit la femme, l'entrainant au milieu de la rue. La magie opère !!!
Ils tournent, ondulent, s'enroulent. Ils sont gais, légers. Ils sont beaux. Ce sera l'image que je choisis de garder de Cuba. Un peuple gai, très populeux, souvent pauvre dont la beauté et la sensualité à fleur de peau explose dans la salsa, au contraire d'une géographie d'emblée superbe, parfait camaïeu de sable blanc et eaux turquoises mais d'accès difficile, souvent impossible et toujours après une navigation pénible et dangereuse. Mais une fois le site atteint, la beauté est là, vierge, immaculée et dans la rue une fillette de 3 ans danse, emportée par la musique et le rythme de ses hanches, déjà sensuelles, pas encore obscène...
Les rencontres faites ici sont nombreuses. Marins au long cours, avertis, à la recherche de terres nouvelles, venant et revenant à Cuba. Cubains curieux, authentiques, accueillants, bavards. On dit que Cuba change, mais pas encore. Ce monde en transition est encore authentique. Il faut venir à Cuba et se laisser entrainer par une salsa.
Samedi 07 Avril :
Nouveau départ de La Havane, le bon, on ferme les yeux pour mieux entendre le moteur (en croisant ses doigts derrière son dos !), on doit arriver en Floride et réparer le pilote automatique !
Cap sur Miami et ce sera...Key West ! La réparation cubaine du moteur se révélant instable.
Arrivée de nuit aux Keys le 09 Avril.
N° 18
Vendredi 22 Février 2012 :
Arrivée de nuit dans la grande baie de San Juan à Porto Rico.
Un couple de dauphins nous accompagnent dans le chenal d'accès malgré une forte houle et ses déferlantes.
Nous mouillons devant la marina au milieu de gros paquebots de croisière pour américains en mal d'exotisme...
Nous découvrons une petite marina sans envergure mais l'accueil y est particulièrement sympathique.
José, rencontre de ponton, portoricain d'origine, nous promène dans son véhicule à la visite de l'ile et à la recherche de pièces pour Mowgli.
Nous sympathisons également avec Cathie et Michel de Sea Jolly, partis voilà 8 ans, de la région parisienne sur leur Ovni.
La ville est grande, historique, vivante, très espagnole malgré son drapeau américain.
Nous replongeons 500 ans en arrière, avec Christophe Colomb et les nombreuses empreintes de son passage ici.
Les conquistadors et les flibustiers sont au coin de chaque rue, leur champ de bataille, Morro spectaculaire, rappelle leurs combats commerciaux, militaires et trafiquants, à l'ombre d'églises et de reliques religieuses. Contraste entre cette histoire omniprésente et une société américano-ibérique nourrie de hamburgers et coca, aux bus scolaires rutilants garés à l'ombre de places méridionales. En souvenir de cette île contrastée, Elisa choisira un panama et Jeanne une casquette....
Lundi 27 février 2012 :
Nous quittons bien vite cette grande agglomération bruyante pour le calme des iles voisines, Culebra et surtout Culebrita, wildlife pour tortues.
Après une navigation pénible avec vent et houle de face, nous arrivons à 5h du matin à Culebra après 22h de mer !!
Le temps de nous ravitailler dans cette ile peu pittoresque où nous rouverons quand même Le Fanion de notre équipage (!!) et nous repartons assez vite pour Culebrita.
Petit ilot désert, plage de sable blanc avec ses cocotiers, eau turquoise, enfin notre quête de nature et de fonds colorés récompensée !
Nous passerons 3-4 jours entre ces deux iles, occasion de plonger et de se reposer.
Dimanche 04 Mars 2012 :
Nous revenons à San Juan en 10h seulement de navigation, vent adéquat, soit 12h de moins qu'à l'aller !!
Dernier repas avec Cathie et Michel partant pour Turcs and Caycos, "on s'écrit c'est promis"...
Au-revoir José, merci à toi pour ta présence, Bon vent Cathie et Michel, à bientôt sur d'autres vagues.
N° 17
Du 07 au 21 Février 2012 :
Nouvelle nuit en mer, que l'on aime particulièrement pour son ambiance, pour les sens précis et aigus qu'elle donne à la navigation et qui n'est pas sans rappeler que la légèreté d'un acte mal calculé en mer peut être fatal.
La VHF, ce soir là, lance un appel : "homme à la mer"!
Passer, là, peut-être, tout près de lui, sans le voir, sans l'entendre, sans pouvoir le secourir.
Ce S.O.S nous hante toute la nuit. Philippe scrute, veille, épie la mer blanchie par la lune froide. En vain.
C'est au petit matin, le coeur lourd, que les Bristish Virgen Island nous apparaissent, pourtant merveilleux archipel, dont nous retiendrons la richesse du monde sous-marin.
Gorda, la plus chic avec Bitter End et ses merveilleuses Baths, Tortola, la plus touristique avec ses énormes navires chargés de touristes, Cooper Island, Pelican Island, Sand Spit, Salt Island, autant de portes ouvertes sur un monde sous-marin infini, Jost Van Dyke la plus authentique avec son coloré Foxy's bar.
Comment rester insensible aux spectacles que nous offrent ces mers tropicales?
Ce ballet constant de formes étranges et colorées, cette pièce de théâtre tous les jours renouvelé, cette mise en scène où minéraux et végétaux se mêlent en parfaite symbiose, tellement parfois qu’ils ne font plus qu'un.
La faune sous-marine qui s'agite, danse, chasse et se meurt, toujours en évolution, tant que la nature et parfois l'homme ne vient pas y mettre son propre coup d'arrêt.
Demain nous quittons ces merveilles et les Vierges britanniques. Avec elles adieu les Petites Antilles, "adieu les jolis foulards" et leur créoles.
Dans nos voiles, portée par le vent, cette poésie :
L'île lointaine
Je suis né dans une île amoureuse du vent
Où l'air a des senteurs de sucre et de vanille
Que berçant, au soleil du tropique mouvant
Les flots tièdes et bleus de la mer des Antilles.
Sous les brises, au chant des arbres familiers,
J'ai vu des horizons où plantent des frégates
ET respiré l'encens sauvage des halliers
Dans ses forêts pleines de fleurs et d'aromates.
Cent fois je suis monté sur ces mornes en feu
Pour voir à l'horizon la mer splendide et nue,
Ainsi qu'un grand désert de sable bleu,
Border la perspective immense de la nue.
Contre ces souvenirs en vain je me défends.
Je me souviens des airs que les femmes créoles
Disent au crépuscule à leurs petits enfants,
Car ma mère, autrefois m'en appris les paroles.
C'est pourquoi toujours mes rêves reviendront
Vers ces plages en feu ceintes de coquillages,
Vers les arbres heureux qui parfument ces monts
Dans le balancement des fleurs et des feuillages.
Daniel Thaly, TDR
N° 16
Mardi 24 Janvier 2012 :
Arrivée à l'ile de Saint-Barthélemy à quelques 230 Km au Nord-Ouest de
la Guadeloupe.
Arrivée sportive sous un "grain", de nuit, avec des rafales à 30 nœuds dans la petite rade encombrée de Gustavia !
Après plusieurs tentatives d'ancrage nous nous abritons pour la fin de nuit sur le quai de la République, minuscule Mowgli, coincé entre deux gros
yachts de luxe...
Des le lendemain nous quitterons ce quai prestigieux et ses équipages choisis pour un mouillage venté à l'extérieur de la rade.
Arrivant de Barbuda et ses cotes désertes, nous sommes surpris par le monde et l'agitation de ce petit port de Gustavia.
Le nombre affolant de bateaux dans la rade étroite, les allées et venues des équipages, l'animation des petites rues encombrées de voitures, les magasins de luxe et les cafés en vogue nous laissent un peu étourdis malgré le charme de ses maisons blanches suédoises en bois peint et de leurs toits rouges.
Nous découvrirons hors Gustavia une terre aride râpée, montagneuse, sans beaucoup d'arbre, quelques arbustes rabougris, des cactus cierges et "tête à l'anglais" en quantité et des lagunes saumâtres aux bois
morts fantomatiques.
Les côtes sont plus généreuses creusées d'anses de sable fin et baignées d'eaux turquoises.
Nous déjeunons à l'anse de la Grande Saline d'un blanc lumineux et nous admirons l'anse du Gouverneur piquée de toits rouges, de résidences luxueuses et bien cachées.
Nous reviendrons vite dans la baie de Saint-Jean malgré son urbanisation galopante car c'est là que les avions viennent piquer depuis le col sur une piste de 500 mètres face à la mer se prolongeant de peu par le sable fin de la plage...
Atterrissages spectaculaires qui nous captiveront jusqu'à la nuit.
Jeudi 26 Janvier 2012 :
Nous quittons St Barth pour l'ile Fourchue située sur notre route vers
Saint Martin.
Inhabité, ce "caillou" (privé) est au centre d'une réserve marine.
Philippe et Jean-Pierre programment une exploration sous-marine.
Vendredi 27 Janvier 2012 :
Récit d’un jour de l’équipage
9h50 : Ca y est ! C’est décidé ! le binôme Jean-Pierre / Philippe se prépare pour une exploration subaquatique des lieux.
Au programme : révision des procédures de sécurité puis randonnée palmée équipée de scaphandres sous l'eau. Expérience inédite pour JP, novice en la matière ! Une déglutition adaptée lors de la descente fera disparaitre la douleur tympanique initiale de JP qui aussitôt sera récompensé par le spectacle qui s'offre à lui.
Le binôme s'enfonce dans le bleu, cap 240° droit sur un écueil situé au milieu de la baie de l'île Fourchue.
Au cours de ce périple ils croisent des tortues sous marines, des marignons soldats (holocentridae), des serrans arlequins (Serranidae), des barracudas, des caranges gros yeux, des castagnoles bleues, des perroquets feu, des perroquets princesse, des girelles paons à tête bleue, des poissons ange tricolores, des balistes royaux, des chirurgiens bleus, des poissons coffres, des poissons trompettes mais aussi des coraux tels que le cerveau bosselé, le corail cierge, des acropores bois d'élan, du corail digité, des gorgones, du corail de feu et toutes sortes d'éponges (barriques, tubulaires, ...).
Ce spectacle, feu d'artifice tiré au fond de la mer les enchante par l'intensité lumineuse des couleurs aussi surprenantes et éblouissantes les unes que les autres.
Après 65 mn de plongée à 16m, de retour à bord JP nous livre ses impressions : "je reviens d'un voyage dans une autre dimension".
14h30 : L'ensemble de l'équipage de Mowgli (Sylvie, JP, Nathalie & Philippe) quitte le bord pour une randonnée pédestre sur l'île de la Fourchue.
Le lieu d'accostage se fait sur la plage avec notre dinghy sans moteur nous obligeant à ramer fermement face au vent.
Au programme ascension d'un morne s'élevant à environ 150M qui nous permet d'avoir une vue de l'ensemble de l'île sur 360°.
Nous constatons que l'île est particulièrement découpée, escarpée, battue par les vents dominants de secteur Nord/Nord Est ce qui occasionne un déferlement de vagues incessant rendant la baignade impossible contrairement au côté Ouest (sous le vent) où les baies favorisent les activités nautiques.
Spectacle féérique que ce ballet aérien d'oiseaux rares et protégés qui rendrait envieux les meilleurs pilotes de l'acrobatie aérienne.
Par ailleurs nous découvrons une végétation particulière notamment de cactus "tête à l'anglais" poussant sur un substrat composé de roches volcaniques et de débris coralliens.
Après avoir fait une cueillette de coquillages et de coraux fossilisés sur la plage nous prenons le chemin du retour avec un vent arrière favorable.
De son côté Nathalie décide de rentrer à la nage.
Une fois à bord nous décidons de prendre un bain récréatif avant de savourer un rhum préparé par Nathalie.
N° 15
Mardi 17 Janvier :
Départ définitif de la marina de Bas-du-Fort en Guadeloupe.
Nouveau départ, nouvel équipage, Sylvie et Jean-Pierre nous accompagneront jusqu'à l'île de Saint Martin.
Se tourne la page d'une étape importante de cette année hors du temps.
Les îles de la Guadeloupe qui offrent toutes les beautés de la nature, les Saintes, Marie-Galante, Grande Terre et Basse Terre de Karukera (l'île aux belles eaux) sont autant de bijoux éclairés de soleil.
Pour parfaire cette diversité, la mer des Antilles forme un carrefour rare où toutes les races de la planète se sont rencontrées.
Nathalie a trouvé, ici, en 1992, une famille de cœur et ces fêtes de fin d'année, tant espérées et passées avec eux, resteront gravées par une grande émotion, de la gaité et une vraie fraternité musicale.
Mais la mer nous appelle et le large nous attend !
La route continue : "adieu foulards, adieu madras..." Au revoir mes amis.
Déjà, à l'horizon, au petit matin, après une navigation de nuit, se profile Antigua. Royaume de la plaisance, cette ancienne base navale anglaise réputée imprenable est le lieu de rendez-vous de tous les voiliers qui sillonnent la mer des Caraïbes.
Effectivement nous découvrons dans la baie de Falmouth Harbour où nous mouillons une multitude de voiliers, plus grands et plus beaux les uns que les autres.
Les célèbres Nelson's Dockyards avec ses bâtiments restaurés et sa fameuse auberge de l'Amiral (Amiral's Inn) raconte une page d'histoire très vivante dans un décor du XVIIIème siècle d'une grande fidélité.
Son petit musée en bois blanc dont l'entrée est gardée par Nelson lui-même a un charme tout désuet avec ses figures de proue de l'Atalante et du Fortunata. L'air est doux, les bâtiments en pierre ont la beauté discrète et harmonieuse d'un chic tout anglais.
Nous ferons une grande journée de marche à l'ascension du Monks Hill d'où un magnifique belvédère révèle le sud d'Antigua, du Fort Shirley Cemetery au Old Road Bluff.
Nous traverserons Liberta, village qui fut fondé par les esclaves affranchis en 1834.
Antigua sera en effet la première île des Antilles anglaises à abolir l'esclavage.
Nous chercherons en vain, Rendez-Vous Bay pour nous arrêter finalement pique-niquer sur une plage déserte à Proctors Point.
Le retour au bateau, le long de la côte sera long et chaud mais nos yeux encore pleins de maisons colorées sur pilotis, de plantes tropicales, de plages désertes et de mer turquoise.
Au bateau, Philippe, nous réconforte avec un punch de sa fabrication, oranges pays, citrons verts et...rhum ! Vivifiant mais vite...dodo !
Vendredi 20 Janvier :
Après une journée de navigation marquée par la pêche de deux belles dorades coryphènes, nous voilà dans la baie de Martello Tower à Barbuda.
Cette île plate, au milieu de son grand plateau corallien, culminant à 60m, nous apparait au dernier moment.
Son littoral, vierge de toute construction est bordé d'interminables plages de sable blanc serties d'eaux turquoises tachées de bancs de coraux.
Le temps suspendu sur ces rivages, loin de la société et de ses restaurants, hôtels, Internet et autres, sera rare et précieux.
Le petit village-capitale de Codrington qui concentre la quasi-totalité des habitants de l'île est constitué de petites cases entourées de jardinets. C'est dans ce décor d'habitations des plus sommaires d'où se dégage une ambiance paisible que nous ferons des formalités douanières improbables. Sur les cotes paradisiaques les établissements hôteliers les plus luxueux abritent quelques clients fortunés, privilégiés et bien cachés.
Comme dans la chanson : "il y a le ciel, le soleil et la mer" et rien d'autre, merveille de la nature et de la solitude.
Nous quitterons ces rivages nus, les yeux éblouis de bleues, pour l'île de Saint Barth à 60 milles plus au nord.
N° 14
Lundi 02 Janvier :
Après un réveillon musical chez Jean-Claude et le premier jour de l'année 2012 (traditionnellement sans alcool...même pas un ti rhum!) chez Francine, nous quittons la marina de Bas du Fort pour les îles Saintes.
Fin chapelet de grains de beauté, deux gros rochers : Terre de Haut et Terre de Bas et six petits cailloux : île à Cabrit, Grand ilet et autres...; écrasés de soleil où alternent mornes déchiquetés et plages tranquilles.
Ici, les habitants ont la peau claire et c'est dans leurs yeux bleus que perdure toute l'histoire des colons bretons et poitevins.
Nous mouillons dans une rade merveilleuse à Terre de Haut
face à Grand Bourg et ses maisons blanches aux toits rouges bordées de fleurs.
Tout est enchantement : la mer, crêtée d'écume, le calme après le départ des ferries chargés de touristes, le vent doux parfois salé, comme chargé de poudre par l'arrivée d'une goélette dans la rade ressuscitant l'épopée de quelques pirates de légende.
Le 04 Janvier déjà, nous quittons les saintois, leur terre aride et leurs embarcations colorées pour l'île de La Dominique, plus au Sud.
La Dominique est la plus montagneuse des îles de la caraïbe et de ce fait la moins visitée. D'autant qu'ici pas de plage de rêve.
La Dominique, c'est une forêt profonde et inviolée, véritable labyrinthe végétal, royaume des oiseaux (dont le perroquet emblématique, le sisserou), paradis naturel, massif montagneux tailladé de vallées et de rivières, sentiers boueux, chutes d'eaux cristallines et piscines naturelles rafraichissantes.
Mowgli est bien amarré dans la rade de Potsmouth. Surveillé de près par les boys-boat, il voisine avec émotion, avec les carcasses de bananiers échoués, rouillant et pourrissant, suite aux trois grands cyclones dévastateurs : David en 1979, Hugo en 1989 et Luis en 1995.
Nous partirons à la recherche des Arawaks, derniers indiens caraïbes sur la rivière indienne avec Alexis notre guide local. Nous
trouverons après avoir glissées silencieusement sur ces eaux marrons bordées d'arbres, roseaux, fougères géantes, palétuviers aux racines impressionnantes et fleurs tropicales flamboyantes. Une modeste baraque en bambou est aménagée pour ti-punch, réconfortante aux aventuriers caraïbes.
Nous pénétrons cette carapace végétale à la découverte des Milton Falls sur les mornes Diablotin et de Chaudière pool.
Nous rentrerons au bateau tout émerveillé par cette végétation luxuriante, les bras chargés de fruits cueillis le long du chemin : pamplemousses énormes, goyave, avocats géants, racine de gingembre, bois de cannelle...etc...etc...
Le monde végétal est ici flamboyant, grandiose, silencieux, seulement troublé par le chant des oiseaux et le murmure de l'eau.
La mer joue les seconds rôles en toile de fond dans la rade de Portsmouth ainsi que les conquérants européens et leurs récits de piraterie...
Samedi 07 Janvier :
Nous quittons à regret Portsmouth pour la belle Marie-Galante. Arrivée encore de nuit à Saint Louis après une navigation au prêt, longue et pénible.
Marie-Galante, l'île aux cents moulins et aux trois distilleries célèbres d'où sort le meilleur rhum que partout ailleurs... : Le Père Labat, Bielle et Bellevue. Habitations et usines centenaires, dominent les champs de canne à sucre.
En 1493, Christophe Colomb lors de son deuxième voyage aperçoit au bout de 21 jours de traversée une île qui ressemble à un grand sombrero posé sur les eaux turquoises. Il lui donne le nom d'une de ses caravelles : la Maria Galanda.
Ici, les cocotiers dansant doucement dans les alizés, bordent les plus belles plages de La Guadeloupe.
La plage de Feuillère à Capesterre ; La caye de Grand Bourg; La baie de Saint Louis ; L'anse Canot, autant de cartes postales paradisiaques.
Le temps s'est arrêté à Marie-Galante et pour nous il laisse place à une certaine nonchalance qui nous envahit...
Dans les vieilles distilleries nous imaginons les coupeurs de canne, retrouvant les gestes rituels, fidèle à ce travail ancestral de la canne. Un travail dur, sur fond de biguine, car aux Antilles tous les moments de la vie, amour ou peine se vivent en musique.
La douceur de son sucre nous emporte et la force de son rhum nous surprend.
Depuis des générations un rhum et un air de biguine accompagnent les coupeurs de canne et leur zébus à la fois fidèles et victimes volontaires !
Le 11 Janvier "adieu, Marie-Galante, pays moi bien aimé" et retour en Guadeloupe.
A peine le temps de monter au sommet de la Soufrière, d'un bain rapide dans les eaux chaudes sulfureuses des Bains Jaunes et déjà les valises sont prêtes.
L'équipage de Mowgli rentre en Métropole !
Christine, Yvon, Léo, Elisa et Jeanne partent retrouver l'hiver palois.
Philippe et Nathalie reconditionnent le bateau pour un nouveau départ vers le Nord.
Nous attendons Sylvie et Jean-Pierre deux nouveaux équipiers.
Cap sur Antigua.
N° 13
Article écrit par les navigateurs de Mowgli
Arrivée le 19 Décembre dans la nuit dans la marina Bas du Fort en Guadeloupe.
Commence alors une étape importante de notre voyage.
Notre séjour guadeloupéen sera sous le ciel amical avec les retrouvailles des amis de Nathalie : Francis et Joyce, et de la grande famille indienne de Joyce.
Le Noel antillais (et indien) est gaie, musical, familial et nous serons merveilleusement invité à partager ces riches moments avec tous et chacun des membres de cette belle famille.
Il y a dix-neuf ans, déjà, Nathalie était parmi eux…
Les fils de Philippe, Yannick et Léo arrivent le 20 décembre à Pointe a Pitre.
Installation à bord. Chacun prépare sa couchette, range sa valise, se fait un petit nid où il peut.
On est 8 à bord. il va falloir de l’ordre !
Dîner chez Joyce et Francis.
Réveil tôt pour les garçons en plein décalage.
Le 21, baignade à la plage de Gosier en attendant Anne, Gilles, Jérôme et Hélène qui arrivent de Pau à 18 heures pour une semaine caraïbe.
Le soir repas chez Isabelle fille de Léon pour répéter les cantiques de Noel. C’est notre premier « chanté Nwel ».
Le 22, journée à La Caravelle, la plage du Club Med à Sainte-Anne sur grande terre, sable blanc, ciel bleu et mer turquoise. Agréable malgré le vent qui fait le bonheur de surfeurs et planchistes venus nombreux.
Le 23, découverte de la forêt tropicale et de la Cascade aux écrevisses pour l’équipage de Mowgli. Les Palois un peu lève-tard et fatigués nous rejoignent à la plage de Grande Anse à Deshaie.
Le soir on fête les 22 ans de Julien chez Francis et Joyce.
Nous arrivons avec le cadeau de Noel de Nathalie !! : Stéphane, son frère nous a fait à tous la surprise de sa venue.
De mèche avec Anne, la surprise a été grandiose. Les deux compères, Stéphane déguisé en « soixante-huitard » pseudo ivre et … Anne guidant l’équipage de Mowgli vers le « délinquant » ont réussi une mise en scène parfaite ! si bien que nous avons recommencé la surprise pour Joyce ! Un grand moment de ce Noel et surtout beaucoup d’émotion d’avoir Stéphane parmi nous…
Le 24, baignade et pique-nique à l’antillaise à Porte d’Enfer à la Pointe de La Grande Vigie en grande Terre puis réveillon de Noël chez Gérard, un des frères de Joyce.
Réveillon antillais : plats locaux avec « ti-cochon de Nwel » à toutes les sauces, rhum dans une main et champagne dans l’autre… et bien-sûr cantiques chantés et musique omniprésente pour zouk et rock dansés.
Le 25, repas de Noel toujours chez Gérard (on finit les restes !). Toujours de la musique, toujours des cantiques, toujours du porc, toujours du rhum… et comme il y a 5 ans la fête d’anniversaire d’Élisa avec la chanson de Gainsbourg « créolisée ».
Ses quinze ans resteront gravés dans sa mémoire, c’est sûr…
Le soir pizza pour tous à la marina.
Le 26, Philippe, Gilles, Francis, Yannick et Jérôme vont plonger et chasser pendant que les autres font couler le rhum coco en bronzant sur la plage d’Anse à la Gourde (!!) à la Pointe des Châteaux.
Repas sous un petit carbet abrité sous les résiniers.
Christine, Nathalie et Francis partent accompagner Stéphane à l’aéroport. Notre cadeau repart bien vite, hélas…
Le soir tout le monde sur Mowgli (12 personnes !) pour un repas frugal : foie-gras et Ti ‘punch !!
Le 27, journée aux Saintes, les plus courageux (Julien ;Yannick ;Léo ; Jérôme ;Gilles et Philippe) partent à la voile pour un baptême de navigation (4heures de trajet) et les autres en ferry (20min de traversée depuis Trois Rivières).
Découverte de Terre de Haut à pied, baignade à la belle plage de Pompière et balade sur les collines.
Les marins arrivent et tout le monde, assommé de chaleur mange des sandwichs et des acras (local..).
Mowgli et les navigateurs du jour repartent pendant que les autres profitent des derniers rayons de soleil à Anse de Mire.
A 17h embarquement sur le ferry et retour à Trois Rivières.
Diner chez Francis et Joyce pour une partie de l’équipe car Mowgli n’est toujours pas arrivé à la marina…
Le 28, séance mécanique sur Mowgli avec Léon, on change deux courroies du moteur.
Anne, Gilles, Jérôme et Hélène reprennent l’avion ce soir, ils passent leur dernière journée à la plage de Port Louis.
Nous les retrouvons à l’aéroport pour un dernier « Punch-coco »devant la porte d’embarquement !!
Heureusement pas de larmes…
N° 12
Article écrit par les navigateurs de Mowgli
Fort de France, Les Grenadines, Sainte Lucie, Bequia, Tobago Cays, Moustique, Sainte Lucie, la Dominique, la Guadeloupe
Le jeudi 01 décembre arrivée des filles avec Yvon et Christine à Fort de France. Mowgli est prêt pour un nouveau départ !
A peine un rhum et nous voilà aux Anses d’Arlet sur la côte Sud-Ouest de la Martinique.
Nous resterons là deux jours à prendre nos nouvelles marques après un mois à deux sur Mowgli.
Baignades superbes avec les tortues de grande anse, ramassage d’oursins dollars et plongée bouteille pour les plus téméraires.
Le petit village est resté authentique et l’adaptation du nouvel équipage se fait avec douceur et enthousiasme.
Les Grenadines nous attendent et dès le 04 Décembre départ des Anses d'Arlet pour Marigot Bay à l'île Sainte Lucie. Un mouillage dans une petite baie tranquille, surplombée par de belles maisons (dont celle de Mick Jagger !).
Nous descendons à terre pour aller faire quelques courses.
Nous restons à Marigot en compagnie de Four 3, Cajou 6 et Beluga 4 (nos batocopains de France Voile Loisir) pendant une nuit.
Nous repartons le soir du 6 décembre direction l’île de Bequia.
Arrivée à Bequia, dans la baie de Port Elisabeth. Jolie petite baie au village coloré fort sympathique, aux sapins de Noël surprenant dans cette ambiance Caraïbes. Arrivée remarquée par le boy-boat "Flex", qui nous fait visité l'île et le "Sea Turtle Sanctuary", dispensaire pour tortues marines tenu par un ancien pêcheur de tortues reconverti.
Personnage aussi émouvant que courageux face a l’immensité de la tache dont l’humanité de mangues, de coco et de coquilles de lambis, cette grande conque rose que l’on porte à l’oreille pour entendre les vagues.
Les 3 jours passés à Bequia nous ont permis prendre des repas de langoustes, de coco fraiches, de crises de fous rires arrosées, bains de minuit et autres plaisirs « Caraïbes ».
Le 9 décembre départ pour les Tobago Cays. Comme sur les cartes postales, la mer est bleue turquoise, le sable est blanc, le ciel est bleu…les cailles de Tobago sont splendides.
Les boys-boat sont très nombreux mais c'est Roméo qui s'est occupé de nous pendant nos 3 jours de mouillage.
Si le paysage est magnifique aux Tobago Cays, les fonds sous-marins le sont tout autant. Les poissons, les coraux, les tortues, les raies, tout ce petit monde se balade sous la coque de Mowgli à peine à 5 mètres de fond.
Les fonds sous-marins, intacts et habités sont multicolores, les raies et les tortues accompagnent nos baignades.
Pas besoin de vous dire qu'on a passé ces 3 jours dans l'eau à faire du "snorkeling" (comprendre "palmes-masque-tuba").
Nathalie et Élisa ont même chaussé leurs mono palmes pour une petite ballade.
Roméo nous a préparé un bon BBQ sur la plage en compagnie de nos « batocopains ». Un repas très copieux : langoustes, lambis, mérous ... Ambiance île caraïbe garantie. Nous sommes au milieu de très petites îles désertes sur lesquelles nous nous promenons et où nous faisons d’incroyables rencontres avec des iguanes « maousse kostos ».
Départ le 14 pour Moustique, l'île des milliardaires et têtes royales.
Apéro au Basil's Bar et tour de l'ile à pied. Petit écrin, coloré aux eaux cristallines. Nous sommes restés deux nuits à profiter de cette « carte postale » apaisante avant de repartir pour l’île de Saint Vincent.
Arrivée de nuit à Cumberland bay.
Mowgli ancré à l'avant est attaché à un palmier à l'arrière sur la plage par deux créoles quelque peu imprégnés...
Faciès inoubliables tant leurs Dreadlocks étaient imposantes.
Nous boirons un rhum avec eux, dans une « ti kaz la » improbable, du nom de «Mojito’s bar », enveloppés d’effluves d’herbes locales…
Rare et extrêmement sympathique ! même si Christine est demandée en mariage par un surprenant « local » et qu’il veut à tout prix l’emmener vivre avec lui dans le « bush ».
Nous repartons pour Soufrière sur l'ile de Sainte Lucie. Une face de Sainte Lucie que nous ne connaissions pas et à laquelle on ne s'attendait pas du tout.
La misère des habitants est grande et tranche avec la vision que nous avions eu à Marigot bay bien que nous rencontrions un garçon aux très beaux yeux (sentiments partagés par toutes les femmes de l'équipage). Nous repartons pour Schoelcher en Martinique le soir même.
Escale internet obligatoire et le 17 décembre départ pour Saint Pierre.
La proximité du volcan, les murs des maisons détruites par les cendres, les assiettes et fourchettes brulées, les clous fondus, la cloche de l’église enfoncée, autant d’objets du quotidien vus au petit musée de la ville nous impressionnent beaucoup « Emouvant ».
Christine, Jeanne, Nathalie et Élisa s’invitent à un cours d’aérobic en plein air sur la place du marché pendant que Yvon et Philippe les regardent incrédules voir « désespérés » assis sur les marches gardiens des sacs chargés de course. Bon !!!, ils prennent quand même le temps de prendre quelques superbes photos…
Le 18 départ pour La Dominique dans la baie de Portsmouth où nous faisons juste une pause nocturne avant de repartir le lendemain pour la marina du Bas-du-Fort en Guadeloupe.
Une marina avec de l’électricité, de l’eau et … des DOUCHES, enfin ! Lessives, nettoyage à bord, courses, récurage du matériel et des hommes (!!!) car ce soir nous attendons deux matelots de plus : Léo et Yannick, les deux fils de Philippe.
N° 11 La Martinique
Lundi 15 Novembre 2011 :
Arrivée dans la baie du Marin en Martinique après 15 jours et nuits de navigation !
Jusqu'au 01 Décembre 2011 les journées seront occupées pleinement par la remise en état de Mowgli. On rencontre Thierry sur notre ponton avec lequel nous entreprenons toutes les réparations nécessaires.
Les différents corps de métier sont présents sur Le Marin, les professionnels sont gentils et disponibles. Franck et Jean-Luc réparent le génois déchiré, Nathalie recouds les coulisseaux de la grand voile, Philippe et Thierry mettent le nez dans le moteur.
Les journées, bien remplies passent vite. Le soir un petit rhum au Mango-bar qui devient notre quartier général est le bienvenu !!
On prends cependant le temps de marcher et de découvrir la magnifique église du Marin et sa charpente marine.
On prends cependant le temps de marcher et de découvrir la magnifique église du Marin et sa charpente marine.
Notre premier bain dans la mer des Caraïbes se fait avec Luis et Magdalena de Kawana, Daniel et Lydie de Monoï, huit jours après notre arrivée et après la traversée atlantique de nos trois bateaux.
L'eau est cristalline et chaude, l'instant est délicieux et mérité.
Vendredi 25 Novembre 2011 :
Vendredi 25 Novembre 2011 :
Nous partons passer 3 jours au mouillage à Sainte Anne avec de nouvelles
"rencontres de ponton" Christophe et Philippe de Wiboat. Leur catamaran
est si grand que nous avons l'impression d'être en croisière, perdu
entre cabine, douche chaude et salon, Un autre monde ! Mowgli est bien
loin !
Saint Anne est un petit village charmant où nous profiterons de
Saint Anne est un petit village charmant où nous profiterons de
soirées zouk, baignades, plongées et confort, baignés par des histoires de marins et de bateaux.
Les rencontres sont multiples, ici tout le monde se connait et rêve de navigation.
Jeudi 01 Décembre 2011 :
Arrivées des filles Elisa et Jeanne accompagnées de Christine et Yvon.
Première soirée bien arrosée et dodo décalé pour les nouveaux arrivants.
Des le lendemain départ pour les Anses d'Arlet, plus au Nord de la
Jeudi 01 Décembre 2011 :
Arrivées des filles Elisa et Jeanne accompagnées de Christine et Yvon.
Première soirée bien arrosée et dodo décalé pour les nouveaux arrivants.
Des le lendemain départ pour les Anses d'Arlet, plus au Nord de la
Martinique.
Mouillage paisible, village charmant et baignade avec les tortues juste sous le bateau.
Les filles partent à la pêche aux oursins-dollars, Philippe, Yvon et Nathalie font une belle plongée dans un jardin sous-marin aussi riche que coloré, Christine s'enthousiasme pour le snorkelling.
La vie à bord s'organise entre bons petits plats au lait de coco et rhums arrangés selon l'inspiration de chacun. La tropicalisation est immédiate.
Demain 4 Décembre départ pour Sainte Lucie, première étape sur la route des Grenadines.
Mouillage paisible, village charmant et baignade avec les tortues juste sous le bateau.
Les filles partent à la pêche aux oursins-dollars, Philippe, Yvon et Nathalie font une belle plongée dans un jardin sous-marin aussi riche que coloré, Christine s'enthousiasme pour le snorkelling.
La vie à bord s'organise entre bons petits plats au lait de coco et rhums arrangés selon l'inspiration de chacun. La tropicalisation est immédiate.
Demain 4 Décembre départ pour Sainte Lucie, première étape sur la route des Grenadines.
N° 10 De Mindelo (Cap-Vert) à Marin (Martinique)
Samedi 29 Octobre 2011 :
Départ de Mindelo, vers midi, pour 2,3,4...semaines de mer, direction Fort de France.
Les réservoirs d'eau et de gazole sont pleins, les voiles et les drisses vérifiées, les courses calées dans les coffres, les adieux aux amis de pontons chaleureux.
Le Grand Atlantique nous attend ! Nous devrons le trancher depuis les eaux sombres du Cap-Vert jusqu'aux bleus de la mer des Antilles !
Très vite le rythme de vie en mer s'installe. Chacun trouve sa place dans cet espace réduit de 4 mètres carrés et chacun trouve la fonction qui l'occupera.
On a besoin de rien en navigation, la mer vous transforme en véritable ascète. Manger, boire, dormir, que de fonctions universelles et répétées à l'infini.
Les jours se suivent et se ressemblent.
La houle ample, longue et profonde porte Mowgli en avant. Puis une autre onde, plus petite, plus vive, pointue et souvent blanchie par l'écume glisse sur elle, la croise et couche Mowgli de bâbord à tribord. Le mouvement est incessant, répété, régulier, désagréable; étrange sensation d'avancer dans ce balancement permanent.
Mowgli file droit, sur son cap, fendant cette houle qui le bouscule. Le tangon écartèle le génois à bâbord tel une épingle sur une aile de papillon au Musée d'Histoire Naturelle. La Grand Voile hissée, tendue, pleine, princière basculée à tribord avec son écheveau de drisses courant le long du mât.
Mowgli souffle, craque, grince mais il a fière allure, toutes voiles dehors, poussé par la houle et tiré par le vent ! Parfois il faut réparer une poulie qui casse, retendre une écoute, fixer le tangon, modifier l'orientation de la Grand Voile pour une meilleure prise au vent.
Ces vents, Alizés, chauds et réguliers qui coiffent l'Atlantique de Novembre à Avril nous accompagnent. Puissants sans être forts, établis sans être fixés, ils sont notre moteur et donnent la Vie à cette mer.
Philippe règle avec l'acuité et la précision de l'horloger la navigation, les caps, le pilote automatique et les voiles. Tel un médecin il visite chaque matin son patient afin de déceler "les bobos" de la nuit et de les réparer, parfois avec les pauvres moyens du bord. Il passe beaucoup de temps sur l'ordinateur à régler des routes théoriques, des routes de secours ou des routes faites, sans cesse modifiant un cap à +1 ou -1 degré en fonction du vent, de la houle et de l'avancée du bateau. Cela occupe son esprit à temps plein. Ce temps que l'on peut palper et voir passer, lentement, inexorablement.
Je découvre l'ennui ! celui des jours qui se déroulent tout seul, uniquement occupés à l'observation et l'introspection. Un peu de lecture, un peu de musique et le temps qui passe avec cette infinie lenteur.
On rentre dans le décor, à pas comptés. On reste immobile. Des repas pour ne pas perdre un rythme et un sommeil qui n'est jamais ni profond ni réparateur. Parfois, la prise d'un poisson rompt la monotonie d'une longue journée. Récompense, fruit du hasard et de la patience, au plaisir immédiat ! Plaisir gustatif bien sûr mais aussi plaisir de la prise pour celui dont la ligne a prélevé la bête. Petit jeu bien humain, entre deux embarqués volontaires !
Parfois une douche vivifiante, sanglés à l'arrière du bateau, nous ranime.
Un film, le soir, nous emporte bien loin d'ici. La communication de sécurité régulière avec Stéphane sera notre seul et unique lien avec vous, là-bas.
Oreille attentive et précieuse, cordon ombilical pour le voyageur, pour que lors de nos évasions les êtres chers nous apparaissent comme une crête de vague.
Que de fois nos pensées vont vers lui, pionnier de l'isolement dans le grand Arctique, son expérience nous porte, ses éoliennes nous éclairent, nous "énergisent"...Mowgli ne pouvait rêver de meilleur partenaire ni nous de meilleur frère...
Tous les soirs, le ciel immanquablement bleu s'anime de formations nuageuses blanches et je me plais à leur donner vie. Ces nuages sont ronds, joufflus, gentils, aux formes fantastiques. Lions, canards, dauphins se font et se défont fugacement. Parfois dans un tableau de montagnes lunaires j'aperçois le Petit Prince. Image éphémère qui ranime au fond de moi mes lectures d'enfant.
Puis la Lune monte, blanche, majestueuse à la symétrie parfaite, éclairée par ce cher soleil qu'elle ne rencontrera jamais ! Je pense avec mélancolie à tous ces marins dont elle a éclairé le ciel et guidé la route loin des GPS et autres électroniques d'aujourd'hui.
Là, ce soir pour moi, seule au milieu de l'Atlantique, elle n'a rien perdue de son romantisme.
Le jour tombe et bientôt la nuit va envahir tout l'espace. La mer a pris ses couleurs sombre et argent, le moindre grincement est comme un cri, le mystère s'épaissit teinté de cette peur du noir qui nous vient sûrement de la plus petite enfance. A l'abri dans ses entrailles, on sent Mowgli vibrer, souffler, gémir. Ni tout à fait endormi, ni tout à fait réveillé. Philippe reprend encore et encore un point sur la carte. Je me lève pour apercevoir l'immensité sombre et bruyante. La nuit s'étire jusqu'au petit matin où le sommeil nous trouve enfin.
Une nouvelle journée commence, la même qu'hier mais avec son lot de "casse", la même que demain : le vent, la houle, la progression, les repas, les nuages et la nuit.
Valeur infinie de l'expérience du temps qui passe. Il faudra réparer le hale bas de bôme dessoudé, protéger sans trop l'ouvrir le génois qui se déchire, gonfler la Grand voile aux coulisseaux arrachés du mat au point de drisse, fixer le lazy-bag cassé afin qu'il ne flotte pas, tester la VHF muette depuis l'arrachement de l'antenne, sortir les cartes papiers, la règle Cras et le compas comme autrefois afin de palier la panne informatique et la privation des cartes électroniques.
Prendre la mer n'est pas une fuite, c'est au contraire une discipline et une multitude de contraintes. Faut-il donc l'enfermer, cette Liberté, pour mieux l'éprouver...?
Et l'aventure humaine me direz-vous ? L'Aventure vécue entre Philippe et Nathalie ? Celle-là mes amis, elle est personnelle....
Samedi 14 Novembre 2011:
Arrivée de nuit dans la baie du Marin en Martinique, premier et dernier slalom dans un chenal étroit imposé par la géographie des lieux, cherchant des feux rouges et verts perdus dans les spots de boite de nuit côtière.
Enfin! quand une île apparaît en mer la première chose que l'on voit c'est une ombre, un nuage posé sur l'horizon. Puis par un zoom infiniment ralenti on aperçoit une couleur, une forme, puis une côte, une baie puis des maisons, des voitures et enfin des gens. Et nous voilà rendu à la vie !
Nous aurons navigué quinze jours et quinze nuits sans interruption, seuls face à l'immensité avec pour seul et unique objectif : Avancer.
Nous voilà immobilisés, amarrés, fatigués et satisfaits !
On tourne la page Atlantique de ce voyage, devant nous s'ouvre la mer des Caraïbes! Ce soir ti-punch !!
N° 9 La Restinga à Sao Vincente à Cap Vert
Lundi 17 Octobre :
Arrivée à Mindelo sur l'île de Sao Vincente à Cap Vert après 8 jours et
nuits de navigation.
Le départ de La Restinga est marqué par l'éruption volcanique sous-marine imminente et par la découverte en mer de centaines de poissons morts.
Effectivement, le lendemain le sud de l'île est évacué et une nouvelle île naissait au large del Hierro à 60 mètres de la surface de la mer.
Nous sommes partis à temps, d'autres bateaux n'ayant pas pris cette option sont restés bloqués sur l'île une huitaine de jours.
Notre navigation a été égayée par notre première vraie prise de
poisson!! Un poisson chacun, à la traîne, aussitôt décapité et mis dans
la poëlle : un régal! Merci Mickel !
L'île de Sao Vincente nous apparaît, aride, pauvre, au croisement de
l'Afrique et de l'Europe.
Ici on parle créole, portugais, français, espagnol, anglais, allemand.
Les capverdiens sont beaux, gentils et souriants.
La musique, omniprésente enveloppe chaque coin de rue, chaque
bar, chaque restaurant. Les repas sont simples à base de riz, légumes
secs et poisson; peu d'épice, la seule vraie "force" vient du grogue,
leur alcool de canne. Et en effet, le temps ici non plus n'a pas de
prise, quand on déguste un punch-coco, envoûté par la voix triste de
Cesaria...
Samedi 22 Octobre :
Nous prenons un ferry pour l'île voisine de Santo Antao.
la différence géographique entre ces deux îles est saisissante.
Santo Antao nous apparaît tropicale d'autant qu'une pluie de mousson nous accompagne toute la journée.
Les routes sont encore pavées, les hommes travaillent la terre, la végétation luxuriante (canne à sucre, bananiers, manguiers,
papayers...) couvre des mornes abruptes aux précipices impressionnants.
La côte, découpée abrite des petits ports de pêcheurs traversés par
la route de l'île. Vraiment cette île est merveilleuse! C'est promis on
reviendra! avec le soleil !
Nos journées s'écoulent paisiblement entre marché au poisson, brèves de
ponton, aménagements techniques du bateau et petit punch musical à la
tombée du soir! La guitare accompagne la voie douce d'un Cola boï,
mélodie traditionnelle qui dit-on fait pleurer les animaux...
Nous nous enthousiasmons pour Amaury, Aurélien, Bert, Brendan, Seb et toute une équipe de jeunes concurrents de la course en solitaire sur 6.5
qui relie La Rochelle à Bahia.
Ces jeunes, stoppés dans leur élan par de la casse ou des pannes matérielles, nous emportent dans leur aventure humaine, personnelle et technique.
Leur vigueur, leur solidarité, leur écoute, leur patience, les avis des uns et des autres, professionnels et amateurs, tout cela se mélange dans une joyeuse confraternité marine du bout du monde. Hélas, pour la plupart, l'aventure s'arrête à Mindelo.
Pour nous, elle commence, car c'est d'ici que nous partons pour la Grande Traversée au 265° cap vrai. Une sorte d'effervescence court le long des pontons, chacun attendant la bonne fenêtre météo pour larguer les amarres pour 3 à 4 semaines.
Derniers préparatifs, dernières courses de frais, dernier remplissage d'eau et de carburant, dernière douche, dernier baiser sur la toile à nos familles et amis, et rendez-vous de l'autre coté sur l'autre rive !
Le grand océan nous appelle et la Caraïbe nous attend !
N° 8 La Restinga île d’El Hiéro aux Canaries
Vendredi 23 Septembre 2011:
Arrivée à La Restinga, petit port du sud de l'île d’El Hierro, où nous passerons une quinzaine de jours. Nous sommes d'emblée accueillis par 2 français Jean-Marc et Martine, bateau Thorsson avec qui nous échangerons fichiers cartes, découverte de la plongée, entretien des coques des bateaux et quelques bonnes bières !
Le port est rudimentaire, 2 pontons, pas d'eau, pas d'électricité mais extrêmement sympathique placé au centre même du village. Une zone de baignade est aménagée, lieu de rencontre matin et soir de tous les habitants du village. On se retrouve dans l'eau pour discuter du volcan et du temps qui passe, là-bas et ailleurs.
Dès le premier jour on nous averti que le volcan de l'île s'est réveillé et que l'activité sismique est pluriquotidienne. Ce sujet alimentera nos discussions, nos craintes et notre curiosité pendant tout notre séjour. Mais (hélas!) pas de fumerolles ni de coulée de lave pour nous!
L'île est sauvage, très peu fréquentée et donc à la nature intacte.
Peu d'habitations, une grande pinède de pins des Canaries, des champs de lave, âpres, tombant dans la mer, de rares plages de sable noir, une seule de sable blanc (mélangé...) et une autre de sable rouge, un ermitage immaculé au panorama propice à l'introspection, les spectaculaires falaises del Golfo, ancien cratère de l'île.
La côte nord-ouest est déchiquetée, sèche, dure, étonnement aménagée en quelques rares zones de barbecue pour voyageur averti. Ici tout est caché et ne se révèle qu'à celui qui cherche : les panoramas, les sables, les fleurs, les gens et bien sûr les fonds sous-marins.
La mer bleue, ventée, agitée, omniprésente ne se livre qu'aux plongeurs.
Elisa plonge avec nous et Jeanne fait son baptême dans le port même.
On y rencontre : poissons trompette, poissons coffre, mérous et lièvre de mer. Un autre monde s'ouvre à elles : existant, merveilleux, infini !
Dimanche 02 Octobre 2011:
Nous retrouvons nos amis du club de plongée d'Hendaye venus passer une semaine.
Étrange coïncidence que ce rassemblement basque sur cette petite île perdue où l'Europe prend fin.
Plaisir des retrouvailles après deux mois de voyage, plaisir des nouvelles "du pays"...Nous partagerons un bon moment autour d'un barbecue au bord de la mer à Tacoron, organisé par notre ami Freddy, "homme de la situation" à El Hierro.
Encore une rencontre "de ponton" et encore un parcours atypique : Suisse, études en Haute-Savoie, designer de montre, pilote de courses moto, puis multiples activités sportives (ski, plongée, quads, VTT etc... etc...). Il est arrivé à El Hierro en 2009 pour créer son centre Hierroaventure (voir site web ami).
En grand connaisseur et amoureux de l'île il partage toutes activités natures avec enthousiasme. Il nous accueille avec sourire et bienveillance, nous ouvre spontanément son centre pour douches salutaires et autres services, il sera une de nos plus belles rencontres de voyage.
Demain le groupe repart pour la France avec Elisa et Jeanne. Philippe et moi remettons les voiles et reprenons la route. Prochaine étape : les îles du Cap Vert après 4 à 6 jours de navigation.
N° 7 bis La Gomera (suite) à la Restiga île El Hiéro aux Canaries
Vendredi 16 Septembre :
Arrivée en fin de journée à l'île de La Gomera, après une belle navigation, bon vent et grand soleil, depuis Los Gigantes.
Des le premier regard, nous reconnaissons la roche volcanique, les pentes abruptes et arides, le sable noir des Canaries.
San Sebastien, puerto-capitale de l'île ronde, apparaît, colorée, blottie dans un barranco ouvrant sur la mer par une petite plage noire bordée de palmiers.
Ici, de toute évidence, le tourisme est peu développé, surtout de type individuel et s'adresse aux amoureux de la nature. Nous resterons une semaine, dans ce port peu abrité des vents mais si sympathique !
Un tour rapide de l'île nous amènera de canyons spectaculaires (Valle Gran Rey) à des forêts de lauriers (parc de Gajaronay), traversant de pittoresques villages au fond de vallées à la végétation luxuriante. Hermigua, au climat exeptionnel, considéré par un comité internationnal de météorologues comme "le climat le plus agréable de la planète". Vallehermoso, commune la plus grande dont la bananeraie n'en finit pas de s’étendre jusqu'à la mer. Agulo, le plus petit village de l'île sur la côte Nord et surtout Lepe de Agulo avec son balcon sur la mer.
Deux à trois ruelles de maisons coquettes pour une dizaine d'habitants vieillissants, accrochées à des monticules en terrasses, séparés par des champs de bananiers et aux jardins luxuriants. La rencontre d'une femme sans âge, vivant seule ici, sortie de sa maison pour parler, un peu, avec nous et nous offrir des mangues.
Ici, à Lepe de Agulo, le temps s'est arrêté...
Nous irons aussi nous perdre dans le monteverde du parc national de Gajaronay. Déclaré patrimoine mondial par l'Unesco en 1986, il abrite la laurisilva la mieux conservée des Canaries. Les lauriers, hauts de 10 mètres, atteignent une extraordinaire densité, les troncs envahis par la mousse du fait de l'humidité ambiante forment des paysages forestiers fantasmagoriques. La brume ou les mers de nuages, au détour des chemins, s'ajoutent au caractère fantastique de la ballade.
En quittant San Sebastien nous irons passer la nuit au mouillage à Valle Gran Rey, autre petit port, plein de charme de la côte ouest.
Nous avions découvert cette petite station familiale après la descente d'un barranco impressionnant aux falaises arides se rayant de terrasses au fur et à mesure de la descente vers la mer pour apparaître tel un oasis couvert de palmiers royaux.
En bas, plage de sable noir et petits restaurants de poissons pour admirer la fin du jour.
Cette vallée doit son nom au puissant Amalahuigue, roi des guanches, premiers habitants des îles, "enfants du grand volcan".
Mercredi 21 Septembre :
Nous tentons un passage de nuit vers notre prochaine destination, l'île de El Hierro , mais en route nous serons arrêtés par une mer forte, mauvaise et un vent non établi en rafales de plus de 30 Noeuds, couchant Mowgli malgré le peu de voiles sorties. Les vents et la houle, en toute liberté dans l'océan atlantique sont soudain canalisés entre deux îles comme dans un entonnoir naturel. Par réaction ils se renforcent et surtout ont des accès soudains de sauvagerie. Plus que le vent ce sont les vagues se succédant, plus rapides, se croisant qui sont impressionnantes et rendent la navigation difficile.
Heureusement, les filles, dormant dans leurs couchettes ne se réveilleront même pas! Après une bonne heure de combat Philippe et moi capitulons ! Nous virons de bord et retournons à Valle Gran Rey nous abriter pour le reste de la nuit.
Le lendemain nous repartons, l'allure est plus agréable que cette nuit, nous sommes dans le sens des vagues et du vent, le soir nous serons à l'Estaca del Hierro.
Jeudi 22 Septembre :
Arrivée à l'Estaca. On ne peut pas vraiment parler de "puerto"! Mowgli est amarré à une digue mal protégée, battu par des rafales de vents puissantes, tapant à grand bruit contre le quai en ciment. Pas d'eau, pas de sanitaire, pas d'électricité, pas d'épicerie, pas d'Internet... Première ville à 10 Km ! Nous y passerons deux nuits et une journée complète en travail scolair, à la cafétéria du port.
Vendredi 23 Septembre :
Départ pour une petite navigation de 2-3 heures vers le port de La Restinga plus au Sud. Au cap de Bonanza, nous croisons les dauphins, sautant, plongeant, virevoltant dans les vagues. Spectacle magique, soulèvent les cris et l'enthousiasme des quatre membres de l'équipage! Une belle journée qui commence...
N° 7 La Gomera (Iles des Canaries dont le dixième est occupée par le parc national)
16 Septembre 2011 : Ecrit par Elisa
Aujourd'hui réveil à La Gomera.
Heure quotidienne de travail pour nous les filles et farniente pour Philippe.
Malgré la joliesse de l'île, Philippe répète: " le moniteur de plongée que je suis est frustré !"
En effet ni à Ténériffe, ni à La Gomera la plongée ne semble accessible facilement à partir de Mowgli.
Beaucoup de zones sont interdites à l'ancrage et ne nous permettent pas d'immersion.
Nous avons trouvé une petite plage sympa, sable noir, encadrée de deux digues. Un peu plus loin, un rocher "plutôt haut" (environ 20 mètres) d'où la vue sur le volcan du Teide est splendide.
Voyant les jeunes sauter, je décide de les imiter.
Nathalie retient son souffle, Philippe prépare l'appareil photo.
Après deux sauts et les sinus rincés pour la semaine, j'accompagne Jeanne qui veut aussi sauter mais de la digue (environ 5 mètres). Nathalie, Jeanne et moi nous sommes bien amusées à enchaîner "bombes" et "sauts de l'ange" pendant que Philippe, "le frustré", nous mitraillait de photos.
Puis baignades et roulades dans le sable noir, histoire de changer de couleur....
Jeanne s'est jetée dans l'eau puis "nappée" sur le sable, et voilà "la loulou-L" en mode Antilles....
N°6 Santa Cruz de Tenerife à Puertito de Gümar
30 Aout 2011 :
Arrivés à Santa Cruz de Tenerife, à la marina del Atlantico.
Nous sommes accueillis sur le ponton par trois tour-du-mondistes nous offrant un verre de Mojito. Les Antilles avant l'heure!
Nous profitons de l'attente d'Elisa et Jeanne pour faire la check-list mécanique : pompe à gazole, réservoir d'eau, voiles, poulies, etc...
Le 04 Septembre :
Les filles tant attendues, arrivent à l'aéroport de Tenerife Norte, accompagnée de Cathie.
Mardi découverte des piscines naturelles de Bajamar, au nord-ouest de l'île. Spectacles de jeux d'eau pour photographes en herbe puis baignade rafraîchissante et vivifiante.
Mercredi nous allons au volcan du Teide, patrimoine mondial de l'Unesco plafonnant à 3718 mètres. Le spectacle est grandiose, lunaire, aérien, minéral. Il vous laisse tout petit devant son immensité. La puissance de la nature s'exprime vous rappelant votre vulnérabilité face à cette force.
Le chemin du retour nous ramène sur la côte, face à Los Gigantes, falaises tombant dans la mer, autre spectacle grandiose, rencontre de deux forces, terrestre et maritime.
Sur la route, escale gustative: figues noires, figues de Barbarie, amandes...
Les autres jours nous profitons d'une cerveza sous prétexte de connection skype dans les rues colorées et animées de Santa Cruz.
Petites ruelles, belles églises, marché animé coincés par une urbanisation galopante sur une bande étroite entre mer et volcan.
La vie à bord, à quatre s'organise. Chacun son espace de vie et pour tous notre grand carré à la fois salle de classe, cuisine, salon et atelier de mécanique selon les heures...
Première pêche réussie!! Jeanne attrape un poisson qui servira d'appât pour de plus grosses prises encore attendues...
Après un mois de tentatives Philippe et Nathalie prennent une leçon !
Le soir festin en bout de ponton avec Jean-Pierre, Bruno et Fred d'Amelyse en route pour tenter de doubler les caps mythiques passés par B.Moitessier dans les années 1968-1969 : Cap Horn, Bonne Espérance et Leeuwin. Partis il y a 15 jours de Capbreton ils nous entraînent dans leur histoire née il y a 8 ans et s'enthousiasment pour la notre.
Échange riche, agréable et chaleureux. Hasard des rencontres de ponton...
Nous les retrouverons, peut-être aux Açores, le rendez-vous est pris...
Vendredi 09 Septembre 2011:
Départ de Santa Cruz pour Gran Canaria.
Première navigation agitée pour Elisa et Jeanne : belle mer bleue mais houle de travers et 25 noeuds de vent! Le résultat ne tarde pas: somnolence pour Jeanne et mal de mer pour Elisa, Philippe et Nathalie !
Au bout de quatre heures, retour vers l'île de Tenerife à la recherche d'un abri pour la nuit. Tentative de mouillage dans deux petits ports transformés en zone de baignade naturelle aménagée pour les villageois. Finalement à 2Heures du matin Mowgli s'amarre au ponton du Puertito de Gümar.
Le lendemain découverte d'un petit port familial et d'un village simple et sympathique. Premier vrai contact avec la population locale, tranquille et reposant.
Elisa ne résiste pas à la tentation de gravir le mat de Mowgli à la recherche d'une drisse de lazy-jack malgré le vent soufflant, le mouvement de balancier et le baudrier oppressant.
Dans l'après-midi découverte d'une zone d'habitation sauvage cachée dans les rochers, battue par les vents et la mer où la vie semble s'écouler sans aucune prise du temps.
Baignade et plongeon de la jetée, au centre même du village, dans des eaux claires, avec les jeunes de Gümar.
Ce soir à bord, pizza maison avec pâte sablée au beurre de Rabat baptisée pour l'occasion "pizza Gümar" et demain départ pour Los Christianos.
Beaucoup de vent annoncé...
N°5 : Lanzarote
27/08/2011:
Enfin nous découvrons au petit matin la Roca del Este, premier rocher des îles de Lanzarote.
Nous le laissons sur tribord pour longer la cote de Lanzarote et s'arrêter au mouillage forain d'Arrecife.
Quel plaisir de découvrir des eaux cristallines mais quelle difficulté pour s'amarrer avec le vent.
L'aide d'un jeune français qui mouille au même endroit est la bienvenue!
Puis baignade revigorante avant la découverte d'Arrecife.
Comme à chaque arrivée nous recherchons un lieu de connexion Wifi et ici ce sera au 17° étage du Gran Hotel face à une vue panoramique splendide.
28/08/2011:
Découverte de Lanzarotte avec Juan et son taxi. Île étonnante, grand rocher volcanique, où la vie quand même se développe au prix d'un travail acharné.
Plante ou homme, chaque centimètre gagné sur la pierre est une victoire.
Paysages lunaires où chaque pied de vigne, abrité d'un mur de pierres de lave, donne un raison blanc sucré.
Des champs de lave , des cratères volcaniques, des immensités arides, et, au loin la mer à perte de vue.
Les villages, cubes blancs bien alignés, contrastent avec ce chaos rocailleux.
Il semble que l'économie de cette île repose sur le tourisme et chaque grotte, mirador ou cratère est exploité afin de répondre à cette exigence.
Ici pas d'industrie, pas de travail, un petit domaine agricole et viticole pour de nombreuses communautés d'expatriés, colombiens, équatoriens, vénézueliens...
Nous finissons notre visite par la dégustation des vins de Lanzarote à la Bodega La Geria. Vin blanc doux qui n'est pas sans nous rappeler le Jurançon de notre région; vin rouge léger et très parfumé. On est quand même loin de nos Madiran ou Pacherenc....
Prochaine destination Ténérife.
Mowgli se charge de pierres volcaniques ramassées au sol, qui poliront nos plantes de pieds délicats d'européens ainsi que de crème à base d'Aloe Vera, plante endémique de l'île, qui les adouciront. Paradoxe, paradoxe...
N°4 : Essaouira
23-08-2011:
Arrivée de nuit dans le port d'Essaouira apres une navigation rapide (moins de 48 pour faire Rabat - Essaouira!). Le vent souffle fort (33 Noeuds), le courant nous pousse vers les rochers et le chenal est bien mal balisé !
On entre quand même pour mouiller face à la plage, un peu protégé par la digue du port des pêcheurs mais une surveillance nocturne s'impose
afin de ne pas "déraper" sur notre chaîne car le vent ne se calme pas.
Au matin, après de longues formalités administratives, nous entrons Mowgli dans le port des pécheurs pour l'accoler au bateau des secours maritimes ("pas de problème! il ne sort qu'une fois par an!"...?!).Au moins il y aura moins de prise au vent, même si les chalutiers en sortant ne vont pas manquer de nous secouer....
Notre moteur d'annexe, vieux et usé, nous laisse tomber, ne pouvant lutter contre le vent. Nous le donnons de bon coeur à un pêcheur marocain venu nous aider à rejoindre notre bateau, heureux de cette baraka.
Un oncle de Nathalie, vivant à Essaouira, nous rejoint pour déambuler dans le village. Le port est très typique, populaire et odorant mais reste authentique. En revanche le village, bien que très bea, est devenu très européen.
Les belles ruelles, bleues et blanches, envahies par des commerçants de souvenirs pour touristes, les vielles portes et les hauts minarets ne font pas oublier qu'on entends ici plus parler français que marocains Seuls les remparts portugais, magnifiques nous rappellent la splendeur et la grandeur de Mogador.
Nous retrouvons également Lorenzo, un navigateur solitaire, sur "Ile Bleue", espagnol, marié et vivant au Japon, en route depuis 3 ans.
Nous l'avions rencontré à Rabat et nous le retrouverons probablement aux Canaries car il finit son voyage là-bas.
Lui aussi a des problèmes de moteur d'annexe...décidément pas de navigation sans mécanique!
Ne pouvant rejoindre son voilier au mouillage, faute d'annexe, il passera la nuit sur Mowgli, et nous prendrons ensemble un petit déjeuner marocain (jus d'oranges pressées, thé, crêpes et autres) dans un magnifique Riad du 18° siècle Maison du Sud.
25-08-2011:
On quitte Essaouira toujours battu par des vents continus de 20-30 Noeuds, pour Lanzarotte, notre première étape aux Canaries.
Philippe, fidèle à sa nouvelle habitude de marin, gère les voiles et les caps, me sortant de ma couchette où me tient un bon mal de mer, pour manoeuvrer ou cuisiner!
Ravi de sa performance, il nous amène en moins de 48H à Lanzarote, 48H pour moi interminables....
N° 3 Rabat - Essaouira
Du 14 au 22 août 2011:
Arrivée à Rabat au petit matin.
Guidés par les boscos sur leur zodiac pour passer la barre et se retrouver dans le chenal étroit du port, nous arrivons directement sur le ponton des "formalités administratives".
Police, douane, capitainerie...plusieurs heures avant de se "poser" dans la marina.
Après une douche bien méritée, nous sommes accueillis par Anne-Laure, notre première "amitié marine". Avec elle nous découvrons Salé, Rabat, ainsi que de nombreuses astuces de navigation : voiles, informatiques, vie à bord.
La vie dans la marina s'organise sur son catamaran Catanelo avec Antoine et Arthur, ses deux garçons. Laurent leur père en poste en Afrique les rejoint toutes les 6 semaines et voilà 3 ans qu'ils naviguent, d'abord en Méditerranée puis comme nous vers les Antilles. Partis pour plusieurs années, nous les recroiserons, c'est sûr, aux Canaries ou aux Grenadines...
Avec elle, nous cottoyons des Suisses, des Français, des Italiens, des séniors, des plus jeunes, tant de personnes, sédentaires ou itinérantes qui gravitent autour du grand monde de la navigation.
Un couscous à l'ambassade de Suisse, un tajine au riad La belle Etoile, une crêpe de Ramadan dans le souk de Salé, autant de découverte
humaines et culinaires.
Découverte du souk marocain : ruelles étroites et encombrées, cris des porteurs et des volailles prêtes à mourir, odeurs de friture et de viande laissée aux mouches, beaux légumes frais posés au sol voisinant avec les détritus ou sur des étals en bois branlant.
Étrange impression de cette partie du peuple marocain, marchande et pauvre, mais souriante, accueillante et tellement aimable. Tout s'achète, tout se vend, tout se négocie ici. Les Marocains sont des artistes au savoir-faire indiscutable, poterie, menuiserie, vannerie, ferronnerie, on trouve tout ici et on sait tout faire.
Cette médina de Salé très populaire, tranche avec la Kasbah de Rabat beaucoup plus sophistiquée et propre, pourtant seulement séparées par
l'oued Bou Regreg.
Le bleu et blanc des ruelles de la Kasbah nous enchantent.
L'histoire du Maroc et l'omniprésence de la religion transparaît dans une porte, un motif, une peinture, une djellaba, un foulard. Nourredine, Mohamed, Saïd et Sala, nos rencontres marocaines, sont riches d'enseignement culturel et humain.
Échanges de couscous et de foie gras jusque tard dans la nuit....
Après cette semaine sédentaire, nous reprenons enfin la mer, direction Essaouira.
Suivant les conseils de Mohamed nous mettons une ligne à la traîne qui nous reviendra... en pelote de fil!! Game Over !
N° 2 Gibraltar – Cote nord marocaine
12 août 2011:
Départ au petit matin à la recherche de gazole et d'eau. On quitte donc Algeciras pour le rocher de Gibraltar.
Gros caillou envahi de commerces, immeubles et restaurants divers. Tout s'achète et se vend ici, véritable plaque tournante de l'Europe concentrée sur quelques mètres carrés de terre. Après un dernier café, Mowgli se dirige en face, vers le continent africain.
Derrière lui, le rocher occidental et face à lui, en miroir, le rocher africain : deux majestueuses falaises qui symbolisent le passage entre ces deux continents seulement séparés par cet étroit bras de mer.
Ce détroit de Gibraltar, haut lieu d'échanges: commerciaux, politiques et environnementaux.
Le mélange des deux eaux, méditerranéennes et atlantiques, est à l'origine de remous impressionnants, dont la puissance influe sur la navigation.
Arrivée à Tanger de nuit et découverte d'un petit port de pêche exigu où nous ne pouvons pas entrer.Nous décidons de mouiller plus loin dans la rade et nous nous endormons aux appels du muezzin. Nous sommes en pleine période du Ramadan.
13 août 2011:
Effrayés par la saleté et la difficulté d'accéder au bureau des douanes, nous quittons Tanger sans avoir posé pied à terre!
Nous décidons de longer la cote jusqu'à Rabat. Elle est sauvage, inhospitalière, tantôt longue plage de sable clair, tantôt
falaises abruptes, quelques ports fortifiés inaccessibles (Asilah), constructions immobilières multiples et désordonnées laissant pointer le spectre de la côte espagnole défigurée.
Envahis par la langueur d'une navigation calme et régulière, nous pensions au dîner, quand, à plus de 2 miles des cotes, des pêcheurs marocains, "sortis des vagues", nous accostent avec leur petite barque en bois peint. Ils ne parlent pas un mot de français, nous saluent et nos offrent du poisson. Ils nous lancent par dessus bord, une belle bonite, glissante et bondissante! Malhabiles pour l'attraper mais ravis et touchés par ce geste, nous leur donnons quelques bières.
Grande famille marine? gentillesse marocaine? magie du drapeau français? Probablement un peu de chaque...Choukrane !
Les pêcheurs disparaissent aussi vite qu'ils sont arrivés et déjà Philippe s'occupe de vider la belle bonite.
Nathalie prépare ail, coulis de tomate et cocotte, les morceaux sont jetés dans la préparation.
C'est notre première "pêche" et ce sera probablement la plus savoureuse.
Pour clore ce festin, les pirouettes d'une colonie de dauphins bleus nous souhaitent bonne nuit.
N°1 : Départ Majorque – Cabrera - Gibraltar
Du 31-07 au 04-08-11:
Nouveau départ pour un long voyage pour Mowgli et premier départ pour nous ce Dimanche 31 Juillet 2011 à 15h50.
Les pères de Mowgli et la famille proche nous accompagnent.
Les premières heures en mer, jour et nuit, se déroulent sans vent et cependant la première casse d'une poulie de bome nous oblige à une réparation de fortune en pleine nuit.
Les vents nous apprennent à modifier sans cesse nos trajets prévisionnels et il nous faut nous adapter en temps et en lieu.
L'efficience de Philippe à l'utilisation des lois mathématiques et d'orientation nous amène heureux et récompensés au cap Formentera de Majorque, au petit matin, après des heures en pleine mer sans autre repère visuel que l'horizon.
Hélas notre récompense est de courte durée, le moteur s’arrête net dans l'entrée de la baie de Pollenza.
Des pêcheurs espagnols, sans aucune hésitation, nous remorquent au port où un retraité français, voyageur au long cours, nous dépanne après plusieurs heures à transpirer dans notre moteur.
Et nous, de découvrir le monde des marins, leur itinérance, leur solidarité, leurs compétences multiples de la mécanique à l'informatique !
Du 05-08 au 07-08-11:
Nous reprenons notre route, poussés par l'appel des grands espaces et des grands déplacements.
Nous apprenons la lenteur et l'itinérance.
Nous suivons les cotes sud-est de Majorque, abruptes, rocheuses, sèches et sauvages. Nous découvrons ses petits villages de pécheurs bien cachés au fond de grandes baies abritées (Porto Colom). Août est le mois de la Vierge et comme partout en Espagne de nombreuses fêtes mallorquines la célèbrent. Ce soir nous assistons à la fête du Feu et de ses Démons.
Feux de Bengale, monstres bondissants aux masques effrayants, pétards et cloches assourdissantes accompagnent des chevaliers
moyenâgeux jusqu'au bout de la nuit. Ambiance, lumière et bruit assurés!
A bord ,la maison s'organise: premier petit plat sur une gazinière mouvante pour Nathalie et première lessive "à la traîne" à l'arrière du bateau pour Philippe. Si nos mères nous voyaient....
Moment magique entre les îles de Cabrera: les dauphins viennent jouer dans l'étrave du bateau, tel des messagers de bienvenu dans ce parc national.
Magnifique mouillage dans le parc même, pour une nuit sous les étoiles avant la grande route de demain loin des Baléares, vers la cote espagnole, le plus au sud possible...
DU 08-08 au 11-08-11:
Départ de Cabrera, nous allons tenter de rallier directement Gibraltar ! 4 jours et 3 nuits en mer ont été nécessaires pour cette étape qui fut longue et difficile. La houle permanente nous ballote d'un bord à l'autre et d'avant en arrière malgré de bons vents de 15-20 noeuds. Les courants nous obligent à adapter nos caps surtout à l'approche du détroit, lieu de jonction Méditerranée Atlantique. Les journées se sont écoulées lentement rythmées par les changements de bord, la navigation, les repas et récompense méritée: les dauphins! Génial!
Le célèbre Rocher apparaît enfin au petit matin et à midi nous prenons la première douche depuis 4 jours!
Après les hommes, le matériel!! demain nous refaisons les pleins de gazole et d'eau douce, lavage de pont, approvisionnement en fruits et légumes frais et départ vers Tanger au Maroc, en face de nous!
